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Christ Sauveur

Messages du père Bertrand Monnard aux paroissiens

Nouveau message du père Bertrand  Monnard
Au seuil de la Semaine Sainte .

Nous entrons dans cette Semaine unique, avec tout ce que nous vivons actuellement dans ce temps de confinement. Pour le plus grand nombre d’entre nous, c’est cette expérience d’être restreints dans nos mouvements. Pour les malades, les soignants, les proches, c’est la confrontation à la maladie, avec toutes les incertitudes et
toutes les peurs.
Pour nous chrétiens, c’est aussi le temps d’une révélation : celle du Seigneur, comme un mystère infini de Don , à travers ces derniers jours de la vie humaine de Jésus .
Le sens de cette Passion et de cette mort de Jésus est déjà annoncé par son entrée à Jerusalem sur un ânon et encore par le lavement des pieds de ses disciples, mais surtout par le cène, durant laquelle il laisse à ses amis, par ses gestes et ses paroles, comme le testament , le résumé de sa vie, mais aussi le sens de cette mort si proche :
« Ceci est mon Corps livré, mon Sang versé pour vous « (st Luc 22, 15-20)
« Ma vie, nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne . » (st Jean 10, 18)
Quel mystère ! Oui, un mystère unique, car, ici, le Visage même de Dieu se révèle aux yeux de notre foi .
Mystère infini de générosité ! « Il n’y a pas de plus grand Amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime . » (st Jean 15, 13)
Au- delà de tout que nous pouvons saisir et penser, Dieu est Celui qui se donne . En Dieu lui-même, rien ne peut être gardé et possédé, tout est donné . Le Père n’est qu’un élan vers le Fils, le Fils un élan vers le Père, dans l’unité de l’Esprit Saint .
Ce décentrement infini de soi fait de Dieu une Communion éternelle d’Amour . Il devient la source d’un autre décentrement du Seigneur vers ce qui n’est pas Dieu : le mystère de la Création, où il donne à l’autre d’exister .
Dans cette même logique de don et de décentrement, Dieu se fait lui-même créature, en Jésus : « Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti , prenant la condition de serviteur. Il s’est abaissé , devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort sur la croix . »
st Paul- Philippiens 2,6-8). Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi ? Dieu n’est qu’Amour offert, il n’y a rien d’autre en Lui . Il se donne infiniment . Ainsi est-il ce
Seigneur, qui ne peut forcer notre volonté, qui ne veut contraindre notre intelligence. Il nous attend, il s’offre, il fait de nous des fils, dans le Fils . « Etant le le OUI de l’éternel Amour, il ne peut rien accomplir sans le oui de notre amour . » (M. Zundel)

Cette rencontre renouvelée, en cette Semaine Sainte, avec ce don infini de Dieu, nous fait prendre aussi conscience du mal, dont nous avons à être sauvé : celui de revenir toujours à nous-mêmes, d’être centrés sur nous, accrochés aux sécurités que nous nous donnons, rivés à nos idées voire à nos habitudes, attachés si fortement à des choses, qui, finalement passeront et disparaîtront .
En ces jours saints, nous apprenons du Christ, que Dieu est totalement donné. Nous découvrons en même temps, que la vraie liberté à chercher sans cesse , ne se trouve pas dans ce repli sur nous-mêmes et cette autonomie autocentrée, mais bien dans la relation à l’autre – le Seigneur et le prochain- dans une vivante offrande de nous-mêmes.
Notre accueil du Christ dans la foi, notre réponse à son Amour offert, c’est de nous donner. Jour après jour, entrons maintenant dans cette profondeur de révélation sur Dieu et sur nous-mêmes. Vivons ce passage de nous-mêmes à Dieu, « afin que notre vie ne soit plus d’abord à nous-mêmes, mais à Lui qui est mort et ressuscité pour nous » (cf. Prière eucharistique n°4) . C’est bien là toute la nouveauté radicale de la Vie , à laquelle le Seigneur appelle les baptisés !
Cette expérience spirituelle ne peut qu’éclairer ce que nous vivons aujourd’hui dans ce temps de confinement : notre prière personnelle, notre prière avec nos proches à la maison , que nous redécouvrons, nos relations avec les membres de notre famille, nos voisins, les isolés, les malades, les soignants . Nous expérimentons la relation, avec ses différents aspects, dans une présence et dans une distance, grâce aux divers moyens de communication et d’abord dans une communion spirituelle.
A travers tout cela, le Seigneur nous invite à devenir ce qu’il est, à réaliser en nous cette grandeur infinie d’une vie, que rien ne limite plus, parce qu’elle est totalement offerte.
Sainte montée vers Pâques.
Père Bertrand Monnard

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A tous les chrétiens de notre paroisse

Bonjour à tous,
Je vous écris à nouveau quelques lignes, en ce temps de confinement .
Je vous espère chacun, en pleine forme.
Dans ce courriel, je voudrais vous partager une annonce et un appel.
L’annonce concerne la Semaine Sainte, de laquelle nous approchons.
Nous ne pourrons toujours pas nous réunir au nom du Seigneur, pour célébrer intensément , jour après jour, la Passion, la mort et la résurrection du Christ.
Alors, nous vous proposons d’être unis dans la prière, lors des célébrations présidées par Mgr Colomb (en privé) en la cathédrale saint Louis, retransmises sur le site internet de notre diocèse http://www.catholiques17.fr et sur la page facebook de notre diocèse http://www.facebook.com/dioceselarochellesaintes/
  • Dimanche 5 avril à 12h00 : Bénédiction, le jour des Rameaux, 
  • Jeudi saint 9 avril : à 18h00
  • Vendredi saint 10 avril: à 18h00
  • Dimanche de Pâques 12 avril à 11h00
Vous pouvez continuer de nous retrouver , chaque jour, en image, les offices des laudes et des vêpres, ainsi que l’Evangile et l’homélie du jour, sur ce lien https://www.youtube.com/channel/UCHYOIHDQ-8geMSBjcW3lC4A
Pour marquer les jours saints, à votre domicile, nous vous proposons de vivre un temps de célébration .
Vous trouverez un déroulement à mettre en oeuvre chez vous pour ces temps de prière sur la page du site  https://paroisse-larochellecentre.fr/semaine-sainte/
Privés de la possibilité célébrer l’eucharistie, vous êtes invités à vivre une communion spirituelle : cette union au Christ, qui se réalise par le désir de la réception de ce sacrement, dans cette attente de la communion sacramentelle . En ce sens, le Pape François nous confie cette prière de l’acte de communion spirituelle, que vous pouvez faire vôtre .
  “A tes pieds,ô mon Jésus, je me prosterne et je t’offre le repentir de mon coeur contrit.
    Je t’adore dans le Saint Sacrement de ton Amour, désireux de te recevoir dans la pauvre demeure que t’offre mon coeur.
  En attente du bonheur de la communion sacramentelle, je veux te posséder en esprit;
    Viens à moi, ô mon Jésus, pour que je vienne à toi . Que ton Amour enflamme mon être .
  Je crois en Toi, j’espère en Toi, je T’aime .
        Ainsi-soit-il .”
 Pour ce qui concerne l’impossibilité de recevoir le sacrement du pardon, écoutons à nouveau le Pape François, dans son homélie du 20 mars 2020 :
  “Beaucoup me diront aujourd’hui: “Que puis-je faire, si je ne trouve pas de prêtre ? Vous faites ce que dit le catéchisme de l’Eglise catholique (cf. n° 1484). C’est très clair ! Si tu ne trouves pas un prêtre pour te confesser, parle à Dieu, il est ton Père et dis-lui la vérité : “Seigneur, je fait fait ceci, cela…., pardonne-moi .” Demande-lui pardon de tout ton coeur, avec l’acte de contrition: “Je me confesserai plus tard, mais pardonne-moi maintenant ”  Et immédiatement, vous reviendrez à la grâce de Dieu. Vous pouvez vous-même approcher, comme le catéchisme nous l’enseigne, le pardon de Dieu, sans avoir un prêtre à portée de main. Pensez-y, c’est le moment ! Et c’est le bon moment, le moment opportun !  Un acte douloureux bien fait, mais qui fera que notre âme deviendra blanche comme neige.”
Enfin, en lien avec Jean-François Duclert et Maryse Charrier, qui suivent de près nos finances, je viens vous LANCER UN APPEL .
Nous voulons vous partager notre préoccupation, au sujet de la vie matérielle de notre paroisse . Cette dernière ne vit que par les dons des fidèles, or ce temps de confinement, empêchant toute célébration (hormis les obsèques aux toutes petites assemblées), fait perdre à notre paroisse quelques 6000 euros par semaine.
Je vous invite donc à continuer à soutenir financièrement notre paroisse, par la quête et la demande d’offrandes de messes, en remplissant et en nous renvoyant le bon de soutien. Bon de soutien à la paroisse du Christ Sauveur
Nous comptons vraiment sur vous, tout au long de cette période de confinement !
En union de prière, tout particulièrement lors des messes que nous, prêtres, célébrons pour vous, chaque jour (en privé) .
Bonne et sainte montée vers Pâques !
A bientôt pour d’autres nouvelles !
Père Bertrand Monnard
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En ce temps de confinement durant lequel nous ne pouvons pas recevoir les sacrements, portons ce “jeûne” dans la prière, en disant régulièrement cet acte de communion spirituelle. P. B. Monnard

Acte de communion spirituelle donné le pape François

A tes pieds, Ô mon Jésus, je me prosterne et je t’offre le repentir de mon cœur contrit. 
Je t’adore dans le Saint Sacrement de ton amour, 
désireux de te recevoir dans la pauvre demeure que t’offre mon cœur. 
En attente du bonheur de la communion sacramentelle, je veux te posséder en esprit.
Viens à moi, Ô mon Jésus, pour que je vienne à Toi.
Que Ton amour enflamme tout mon être, pour la vie et pour la mort. 
Je crois en Toi, j’espère en Toi, je T’aime, 

Ainsi soit-il.

 

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Message du père Bertrand Monnard le lundi 23 mars

 A tous les paroissiens
En ce temps de confinement, j’espère que tout se passe au mieux, chez vous . Cette grande “pause” obligée (!) nous libère du temps ; donnons-le au Seigneur et à nos proches, sans oublier nos voisins et notre entourage . N’hésitez pas à appeler le presbytère, si besoin (T. 0546411670).
Si vous êtes sur WhatsApp, un groupe s’est créé, que vous pouvez rejoindre, pour échanger des nouvelles entre paroissiens . Il s’appelle :” Des news paroissiens !!!”.
Pour poursuivre notre cheminement de carême, je vous adresse, en pièce jointe, le texte de mon enseignement donné, lors de notre récollection paroissiale de carême, à Chaillé le 29 février dernier.
Je vous invite aussi à répondre à l’appel des évêques de France, relayé par Mgr Colomb, pour notre diocèse, à l’occasion de la fête de l’annonciation, mercredi prochain 25 mars :
 – à 19h30, les cloches des églises sonneront à toute volée . Vous êtes invités alors à mettre des bougies aux fenêtres de votre logement et à prendre un temps de prière mariale chez vous , pour confier les malades, les soignants et notre pays à la prière de la Vierge Marie .
La semaine prochaine, nous vous enverrons des propositions pour vivre spirituellement la Semaine Sainte .
En union de prière.
Bien cordialement
Père Bertrand Monnard
Méditation de carême 2020

En introduction à cette réflexion sur le carême, je voudrais rappeler son origine.

À l’origine, le carême était le moment où l’on devenait chrétien dans la perspective du baptême à Pâques : tout un chemin de transformation, de conversion à vivre pas à pas.

Et quand, plus tard, on intégra sur ce chemin l’Eglise entière, cela voulut dire que l’on ne peut pas faire ce chemin jusqu’au bout, en une seule fois. Il correspond à notre vie toute entière et on doit sans cesse le reprendre.

Ainsi, le carême veut nous faire prendre conscience d’une vérité et l’actualiser dans notre vie :

Etre chrétien ne peut se réaliser qu’en ne cessant de le devenir à nouveau.

Ce chemin n’est jamais terminé et derrière nous, il demande toujours à être repris.

En ce sens, je vous invite à revisiter le cœur de notre expérience de foi :

Vivre notre existence, dans tout ce qui la constitue, en présence du Seigneur.

Nous vivons dans un monde sécularisé, horizontal, matérialiste, marqué par le subjectivisme (l’unique référence, c’est moi est ma liberté) et le relativisme (pas de vérité, chacun a la sienne), sans Dieu . Si la référence à Dieu redevient à nouveau d’actualité avec l’islam, le français y associe des difficultés, des tensions, des conflits qui induisent un discours enjoignant toutes les religions à rester dans la sphère strictement intime et privée. Quant à la quête spirituelle, elle est diffuse et bien réelle, souvent très individuelle.

Nous sommes immergés dans ce monde-là et nous pourrions être tentés de mener notre existence quotidienne, non pas en présence du Seigneur et avec lui, mais d’abord par nous mêmes, en essayant coûte que coûte de maîtriser tout ce qui peut l’être dans notre vie, par nous-mêmes (comme le veut l’esprit du temps) et en réservant notre vie chrétienne à un domaine particulier, fait de la messe du dimanche et de quelques activités paroissiales.

Seulement voilà, la vie chrétienne ne peut être seulement un acquis sur la base d’une tradition familiale ou d’une pratique habituelle. Encore moins, elle ne peut être réduite à quelques valeurs à respecter ou à quelques obligations à accomplir.

Ici, il s’agit de nous rappeler le cœur de notre expérience chrétienne , avec le pape Benoît XVI, par quelques phrases précises et vraies:

” La foi est, d’un côté, un contact éminemment personnel avec Dieu, qui m’affecte au plus intime de moi-même et me met de la façon la plus immédiate en face du Dieu vivant, de sorte que je peux lui adresser la parole, l’aimer, entrer en communion avec lui.

Mais cette dimension éminemment personnelle n’en comporte pas moins, en même temps et de manière inséparable, une dimension communautaire: il appartient en effet à l’essence de la foi de m’introduire dans le nous des enfants de Dieu, dans la communauté en chemin des frères et des sœurs.

Rencontrer Dieu implique toujours à la fois de ma part de rester ouvert, de m’arracher à la fermeture sur moi-même et de m’intégrer à la communauté vivante de l’Eglise. Une telle rencontre me donne aussi de rencontrer le Dieu qui bien sûr ensuite me touche lui-même de façon tout à fait personnelle.”

À la lumière de cette parole de Benoît XVI, je vous propose une réflexion en trois points à redécouvrir:

  1. Croire, c’est vivre une rencontre personnelle avec le Christ
  2. Croire, c’est connaître le Christ,
  3. Croire, c’est vivre en la présence du Christ.
  1. Croire, c’est vivre une rencontre personnelle avec le Christ:

“J’invite chaque chrétien, en quelque lieu et situation où il se trouve, à renouveler aujourd’hui même sa rencontre personnelle avec Jésus-Christ ou, au moins, à prendre la décision de se laisser rencontrer par lui, de le chercher chaque jour sans cesse. Il n’y a pas de motif pour lequel quelqu’un puisse penser que cette invitation n’est pas pour lui.”

Pape François, La joie de l’ Evangile,. 3

Il s’agit de vivre une rencontre personnelle avec le Christ, comme les tout-premiers chrétiens au bord du lac de Tibériade qui sont devenus disciples (Jn 1, 35-39).

Jean Baptiste atteste que Jésus est l’Agneau de Dieu. De plus, les disciples suivent Jésus, il se retourne vers eux:

-que cherchez vous ?

Ils répondent:

Où demeures tu ?

Il leur dit:

Venez et vous verrez.

Ils vinrent et demeurèrent auprès de lui, ce jour là.

Nous ne sommes pas ici dans des idées, dans des valeurs:

C’est véritablement une rencontre de personnes. C’est la naissance d’une proximité, d’une amitié à travers un dialogue et le contenu de celui-ci concerne chacun:

-la recherche de ces hommes

-la personne de jésus.

C’est un dialogue qui se termine par une invitation à rester avec le Christ: être avec lui.

De cette rencontre personnelle, naissent d’autres rencontres personnelles: Simon, Philippe, Nathaniel… .

Celui qui a connu Jésus le fait connaître à d’autres.

Il s’agit d’une rencontre, car le cœur de la foi chrétienne est une personne: Jésus le Christ.

C’est bien ce que professe l’Eglise, dans les premiers conciles sur le Christ.

Jésus est vrai Dieu et vrai homme

Jésus est une seule personne: celle du Verbe de Dieu.

“Personne n’est jamais monté au ciel, sinon le Fils de l’homme qui est descendu du ciel” (Jean 3, 13)

Dans cette rencontre, c’est lui le Christ, le Verbe de Dieu, qui gracieusement prend l’initiative de venir, de se donner, de nous offrir son salut:

« Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis, vous ai aimés le premier. «  (Jn 15, 16)

Cette rencontre personnelle consiste d’abord à nous laisser rencontrer par le Christ.

  1. Croire, c’est connaître le Christ.

Que veut dire faire une rencontre personnelle avec le Christ et le laisser nous rencontrer ?

Cela veut dire:

Pour nous, Jésus n’est plus un personnage mais une personne.

Il n’est plus quelqu’un dont on parle mais quelqu’un à qui et avec qui on peut parler, car il est ressuscité et vivant .

Il n’est plus une référence, mais une présence.

Comment ne pas évoquer ici quelqu’un qui a vécu cette rencontre personnelle avec le Christ ?

  • Saint Paul.

Cette rencontre unique sur le chemin de Damas a bouleversé sa vie . Le Christ l’a saisi intérieurement:

Saul, Saul,

Qui es-tu Seigneur ?

-Je suis Jésus.

Ecoutons comment lui-même décrit cette rencontre:

“Or, ce qui pouvait m’être un gain [être circoncis, de la race de David, pharisien, irréprochable], je l’ai considéré comme une perte, à cause du Christ. Bien plus, désormais je considère tout comme une perte, en regard de la sublimité de la connaissance du Christ Jesus, mon Seigneur, pour lequel j’ai accepté de perdre toutes ces choses et les considère comme déchets, afin de gagner le Christ, et d’être trouvé en lui, non pas avec ma justice à moi, celle qui vient de la Loi, mais avec celle qui vient de la foi au Christ, c’est-à-dire la justice qui vient de Dieu et s’appuie sur la foi. Et cela pour que je puisse le connaître, lui… ” (Ph 3, 7-10)

Cette rencontre personnelle du Christ n’est pas une connaissance humaine, selon la chair, comme l’objet de notre étude ou de notre intérêt, une connaissance nous laissant neutres, extérieurs,

Saint Paul connaît le Christ en personne, dans une expérience unique de relation, comme lorsque l’on passe du “il” au “tu”.

D’ailleurs, une personne ne se connaît qu’en entrant en relation avec elle. Il n’y a pas d’autre chemin, a fortiori, avec Jésus le Verbe de Dieu et cette relation va de pair avec la reconnaissance de Jésus comme Seigneur.

Cela revient à dire ici qu’à partir de cette rencontre, Jésus est à présent notre raison d’être, notre bien suprême, le but de notre vie, notre joie, notre Sauveur, auquel nous appartenons.

Dès lors, il ne s’agit plus d’agir, d’orienter notre vie, de faire des choix, sans lui soumettre d’abord dans la prière. Il est le Seigneur, il n’y en a pas d’autre.

Cette connaissance du Christ est alors de l’ordre d’une communion, d’une présence à l’autre, dans l’Esprit Saint. Pensons à la phrase de Jésus .

“Encore un peu de temps et le monde ne me verra plus, mais vous me verrez, parce que je vis et vous vivrez”. (Jn 14, 10)

Après son Ascension, les disciples verront Jésus, grâce à la foi, d’une manière nouvelle, spirituelle et intérieure, mais tellement réelle, que Jésus peut dire: “Vous me verrez” et l’explication de tout cela, c’est que Jésus est vivant.

Saint Augustin disait: “Il touche le Christ, celui qui croit en lui”.

Nous n’avons pas vécu forcément un chemin de Damas mais, dans la connaissance de foi, il arrive qu’en un instant, notre esprit soit ébloui par la splendeur du Christ, la Vérité et nous sont révélés intérieurement un aspect de son mystère ou encore des appels à la Vraie Vie,

Ce sont, pour notre foi, des moments fondateurs ou de nouvelles sources et lumières pour notre avancée, notre conversion à la suite du Christ .

  1. Croire, c’est vivre en la présence du Christ

La réalité primordiale est que le Seigneur est présent à l’homme, toujours et partout.

Il est sûr, – c’est toute l’expérience biblique- que le Seigneur se rend sans cesse présent à l’homme, qu’il l’appelle à le rencontrer . Il attend que l’homme le cherche et aille à sa rencontre.

Cette présence de Dieu: se révèle d’abord par la création : l’acte créateur est un acte continu . Dieu soutient les choses dans l’être.

“Tu envoies ton souffle, ils sont créés” (Ps 104)

Saint Paul l’affirme:

« Ce Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s’y trouve, lui qui est le Seigneur du ciel et de la terre n’est pas loin de chacun de nous, car c’est en lui que nous avons la vie, le mouvement et l’être. «  (Actes, 17, 21)

Au sommet de la Création, se trouve l’homme créé à son image et à sa ressemblance. Le Seigneur se rend présent à travers des témoins, de grandes figures à travers l’Ancien Testament et finalement, de manière unique et indépassable, en Jésus le Verbe de Dieu fait chair.

Ainsi, notre foi ouvre notre vie à ce Seigneur déjà aimant et présent. Nous sommes invités à cette intériorité et à cette intimité réciproques avec le Seigneur.

Dans notre vie, rien n’égale cette relation unique avec Notre Créateur et Sauveur.

L’essentiel est de vivre en sa présence.

Cela est parfois un combat intérieur, car nous sommes pêcheurs. Notre liberté est plus fortement attirée par ce qui est sensible et aussi matériel, que par les biens spirituels.

Lucides à ce sujet et bien ancrés dans la réalité de notre vie, comment vivre en présence du Seigneur, de manière primordiale ?

Voici quelques pistes:

  1. Le premier moment essentiel est la prière silencieuse, ce que l’on appelle l’oraison, que nos frères carmes ont présentés durant notre avent paroissial.

Ce temps est prolongé, au delà d’un Notre Père récité. Nous y entrons avec tout ce que nous sommes, avec toute notre vie. Alors, seule la foi nous guide: nous ne

plus à la surface, à l’apparence des choses dans le visible. Nous ne pouvons plus saisir, maîtriser par nous-mêmes.

  • Il s’agit de fermer les yeux et de nous laisser regarder, aimer par le Christ (cf sa rencontre avec jeune homme riche, dans l’ Evangile).
  • Il ne s’agit plus de vouloir saisir par nos idées, nos sens, il s’agit de nous laisser saisir intérieurement par le Christ.

Comment décidons nous de protéger et de protéger ce temps d’oraison ?

Dans la nature, il y a des zones protégées pour protéger la biodiversité , les animaux. Est ce que la prière silencieuse, cet essentiel, est un temps protégé dans notre vie ? C’est bien la source pour vivre, en profondeur, tout le reste de notre existence, en présence du Seigneur, y compris la célébration des sacrements. Si la prière personnelle n’est pas présente dans notre quotidien, ce recueillement dans les Célébrations sera moins facile pour nous).

  1. Les sacrements sont notre bonheur, notre joie d’être en la présence du Seigneur et de nous recevoir de Lui entièrement, avec ce sommet dans la célébration de l’eucharistie et son prolongement dans l’adoration eucharistique.

Et nous avons à redécouvrir une tradition que beaucoup d’entre nous ont laissé de côté : la visite au Saint Sacrement, une prière personnelle dans une journée devant le tabernacle.

Il s’agit de nous tourner vers ce Seigneur qui demeure en sa maison : il continue de rester au milieu de nous, la voie qui conduit au Père, le chemin qui nous fait entrer nous aussi en possession de l’Esprit Saint.

Ce Seigneur est si présent dans le mystère eucharistique que nous venons recevoir de lui et emporter ce que sa présence nous offre: la certitude de la foi, l’amour de sa présence parmi nous.

  1. La fréquentation de la Parole de Dieu est cette expérience intérieure d’avoir un cœur à l’écoute, pour discerner, chercher dans ce texte biblique une Parole de vie. Au delà des idées que nous en avons, il s’agit de laisser le Seigneur nous parler au cœur, il s’adresse à nous . C’est un autre aspect de sa présence.
  2. Nous sommes invités à poser un regard de foi sur notre vie. Le Seigneur se révèle, non dans les idées, l’abstraction, mais dans la réalité, l’épaisseur de notre existence au monde, à travers des actes et paroles d’autres personnes, des événements, des grâces reçues que l’Esprit Saint nous accorde, dans tout ce qui joue dans notre quotidien.

Il est essentiel de savoir nous arrêter, de réserver un temps pour découvrir la façon dont le Seigneur s’est fait présent dans notre vie et pour le remercier. Ce regard de foi permet aussi de discerner, seul ou avec un accompagnateur spirituel, les appels nouveaux que le Seigneur nous lance, à travers tout ce que nous vivons .

  1. La prière spontanée, au long de nos journées, permet de les vivre en présence du Seigneur.

Ce sont ces prières qui jaillissent de notre cœur, alors que nous sommes en pleine action, dans nos activités quotidiennes. Elles nous viennent de ce que nous sommes en train de vivre (une rencontre, une activité, une pensée) ou tout simplement de notre désir de nous adresser au Seigneur.

Il s’agit d’une prière très brève, avec toute la force de notre foi et l’amour de notre cœur, comme un cri du cœur qui s’élance vers le Seigneur.

Saint Pierre d’Alcantara, un franciscain espagnol du XVIeme siècle qui aida Sainte Thérèse pour la réforme du Carmel, disait:

“Ces prières aident à garder le souvenir continuel du Seigneur et à marcher toujours en sa présence.”

  1. La prière peut être présente avant nos activités quotidiennes.

Il est important d’acquérir un rythme de prière, avant nos activités habituelles

-prier le benedicite avant le repas

-offrir sa journée de travail, le matin

-prier en famille, avant le coucher

Tout cela nous aide à vivre en présence du Seigneur.

En conclusion, écoutons à nouveau cet appel d’Élisabeth de la Trinité, carmélite au Carmel de Dijon:

“Vivons avec Dieu comme avec un ami, rendons notre foi vivante pour communier à lui, à travers tout. C’est ce qui fait les saints.” (lettre 122)

C’est bien la source de toutes nos conversions, mais c’est aussi le meilleur service que nous pouvons rendre à l’Eglise, avant toute autre activité.

En effet, si la fécondité de l’Eglise, épouse du Christ, dépend de son amour pour le Christ, le service le plus précieux, que chacun de nous puisse rendre à l’Eglise, est par conséquent d’aimer le Christ dans l’intimité avec lui.

Père Bertrand Monnard

(Enseignement donné lors de la Récollection de carême de la paroisse du Christ Sauveur, au Centre spirituel de Chaillé les Marais – 29 février 2020)

 

 

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Message du père Bertrand Monnard le mercredi 18 mars

Bonjour à tous,

       Dans les circonstances actuelles, je vous écris ces quelques lignes .
       Cette épidémie de coronavirus est une période de grande épreuve pour tout notre pays . De jour en jour, nous mesurons la gravité de la situation .
        Par la pensée et par la prière, nous voulons être proches des victimes de cette épidémie, des malades, des personnels soignants et des responsables publics . Nous pensons aussi à toutes les personnes touchées dans leurs activités professionnelles .
       Pour nous, chrétiens, ce carême prend une nouvelle dimension . Cette épidémie a pour conséquence l’impossibilité de nous réunir  pour nos célébrations, nos réunions et nos activités habituelles. Nous avons à coeur de respecter toutes les recommandations des pouvoirs publics .
       Nous allons vivre à présent ces semaines de carême, seuls ou avec nos proches, à la maison .
       Avec l’équipe des prêtres et l’équipe pastorale, nous souhaitons vous faire quelques suggestions, pour poursuivre ce chemin spirituel vers Päques . C’est aussi une manière de rester en lien avec vous :
  •                    En image, sur le site internet de notre paroisse et sur la page facebook, vous pouvez suivre, chaque jour, A PARTIR DU JEUDI 19 MARS, l’office des laudes (8h30) et l’office des vêpres (18h00),  ainsi que l’Evangile et l’homélie donnée par une prêtre de notre paroisse. Il suffit de cliquer sur ce lien :https://www.youtube.com/channel/UCHYOIHDQ-8geMSBjcW3lC4A
  •                   La messe télévisée :
                              – sur le site internet ktotv.com :
                                                            –  la messe télévisée: chaque jour à 7h00 et 18h15 et le dimanche à 18h30
                                                            – la conférence de carême de Notre Dame à Paris, chaque dimanche à 16h30
                              – sur France 2 : à 11h00 en direct, la messe de l’émission “Le Jour du Seigneur”
  •                      La messe radiodiffusée  :
                              – sur France Culture à 10h00, le dimanche
                              – sur RCF : à 19h00, le dimanche
  •                      La prière, en temps d’épidémie .
                                   Nous pouvons lire cette prière, seul ou avec nos proches et confier au Seigneur, par l’intercession de saint Roch. (cf .texte en pièce jointe).
  •                       Une liturgie de la Parole, chez vous
                                  Nous vous proposons de célébrer chez vous une liturgie de la Parole, avec vos proches, en semaine et/ou le dimanche, selon le déroulement suivant:
   – signe de croix
   – prière  : je confesse à Dieu
   – prière d’ouverture de la messe
   – lectures bibliques du jour
   – credo (pour le dimanche)
   – prière universelle (cf. livret Prions en Eglise ou Magnificat) et intentions de prière spontanées
   – Notre Père
   – je vous salue Marie
  •                         L’attention aux personnes
                                          En ces semaines, où chacun est obligé de rester chez soi, ayons à coeur de prendre des nouvelles de nos proches et de nos voisins et de proposer nos services (courses, transport…etc).
             Soyez assurés de la prière des prêtres de notre paroisses, en particulier lors des messes qu’ils célèbrent (en privé), chaque jour, dans les différents presbytères .
 Bonne montée spirituelle vers Pâques.
 En union de prière.
 A bientôt, pour d’autres nouvelles.
 Père Bertrand Monnard
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Prière en temps d’épidémie

Saint Roch, ami du Seigneur Jésus, vous qui avez connu l’épreuve de la souffrance et de
la maladie, soyez aujourd’hui l’ambassadeur de notre prière auprès de Dieu notre Père. En ce
temps d’inquiétude et d’incertitude, nous recourons à vous avec confiance pour demander votre
intercession.
Saint Roch, vous qui contemplez le visage de Dieu dans la gloire du ciel, voyez vos
frères et sœurs d’ici-bas qui sont aux prises avec les flèches de la maladie aux quatre coins du
monde.
Vous qui goûtez la plénitude de l’amour du Saint-Esprit, demandez-lui pour nous la
fraîcheur dans la fièvre, la guérison pour ce qui est blessé.
Vous que la Sainte Vierge Marie a présenté à Dieu après l’épreuve, demandez-lui de
nous prendre dans son manteau de miséricorde et de dire à son Fils que nous manquons du vin
de la joie.
Vous qui avez risqué votre vie pour annoncer à tous la Vie qui est en Jésus, confiez au
Divin Médecin toutes les personnes qui luttent au chevet des malades, qui se dépensent pour
leurs frères et cherchent pour développer des traitements.
Vous qui avez vécu en fils de l’Eglise en toutes circonstances, priez pour que les
chrétiens donnent à tous le témoignage humble de leur confiance paisible, de leur charité active,
et de leur espérance invincible qui viennent du Cœur du Christ.
Vous qui ne vous êtes jamais résignés au mal, obtenez-nous de ne céder ni au fatalisme ni
à la panique, mais d’avancer dans ces quarante jours de carême les yeux fixés sur la croix de
Jésus, mort et ressuscité, en qui est la victoire totale et définitive sur le mal.
Saint Roch, demandez-le à Dieu notre Père, par Jésus-Christ notre Seigneur, qui vit et
règne avec Lui dans l’unité du Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles.

Amen

Saint Roch, priez pour nous.

________

Dans l’ancien temps, quand une épidémie frappait, toutes et tous se
rassemblaient et priaient.

Aujourd’hui, il nous est demandé de ne pas nous rassembler, mais rien ne
nous interdit de nous retrouver par la pensée et prier tous ensemble.

Pour celles et ceux qui le souhaitent, vous pouvez vous joindre à la
chaîne de prière proposée aux fidèles de Saint Nicolas de Tasdon :

  • chaque jour, à 19h.

Prière contre le corona virus
Notre Père, nous demandons avec confiance que le
corona virus ne fasse plus de mal,
que l’épidémie soit maîtrisée rapidement
et que soient rendues la santé aux personne touchées
et la paix aux endroits où elle s’est propagée
Nous vous en supplions
Notre Père, accueillez les personnes décédées de cette
maladie.
Réconfortez leurs familles.
Nous vous en supplions
Notre Père, aidez et protégez les personnels de santé qui
Ia combattent.
Inspirez et bénissez ceux qui travaillent pour la contrôler.
Nous vous en supplions
Seigneur Jésus, médecin de nos âmes et de nos corps,
nous nous sentons impuissants dans cette situation
d’urgence sanitaire internationale
mais nous avons confiance en vous,
donnez nous votre paix et votre santé.
Nous vous en supplions
Ô Marie, notre Mère céleste, protégez-nous,
continuez de prendre soin de nous,
prenez la main de celles et ceux qui passent la porte de la
mort,
et conduisez nous tous avec votre amour
vers votre Fils Jésus et la Trinité Divine.

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