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Christ Sauveur

Message du père Monnard

Message du père Monnard
Enseignement Assemblée Synodale du doyenné de La Rochelle-Ré

7 mai 2022
Cathédrale Saint-Louis

Nous voici réunis pour un événement ecclésial important : cette assemblée synodale du doyenné de La
Rochelle-Ré, en communion avec notre évêque et les autres doyennés qui vont faire de même.
Si, à l’invitation de notre évêque, Mgr Colomb, nous nous sommes engagés dans cette démarche
synodale missionnaire depuis plusieurs mois et si nous sommes là aujourd’hui rassemblés, c’est parce
que nous sommes tous concernés par la vie et la mission de l’Eglise, par l’annonce de l’Evangile sur ce
territoire de notre doyenné.
Et pour bien situer notre démarche, il nous faut nous dire à nous-mêmes immédiatement (cela devrait
être pour nous comme un réflexe spirituel), nous rappeler ceci :
– l’Eglise, dont nous sommes, n’est pas la nôtre,
– la paroisse n’est pas la nôtre,
– l’Evangile à annoncer, n’est pas notre message,
– la mission n’est pas notre oeuvre!
Le pape François nous met en garde vigoureusement contre cette logique auto-référentielle, où l’Eglise
et nous, nous sommes au centre, en faisant confiance d’abord à nos propres forces, pensant que nous
pouvons construire, faire l’Eglise par nous-mêmes, ou bien encore nous résignant devant nos manques
de forces, ce qui est la même logique.
L’Eglise, dans toutes ses composantes est celle du Christ. Nous sommes du Christ, comme son Corps
par le pur don gratuit de Dieu, qui a bien voulu nous donner la connaissance de la foi, nous révéler son
Fils Jésus et nous communiquer son Esprit Saint.
1 – « Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé, ne l’attire » (Jn 6,44) « Sans moi vous ne
pouvez rien faire » (Jn 15,5)
2 – « Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit » (Jn 15, 5)
Accueillir ces paroles du Christ et en vivre, rend juste notre manière de vivre l’Eglise.
Et ici, il s’agit pour chacun d’un chemin de conversion, primordial et permanent, pour vivre ainsi notre
expérience d’Eglise et d’abord pour notre vie de foi personnelle.
En effet il est bien plus facile de penser et de vivre notre expérience chrétienne, notre engagement
ecclésial par nous-mêmes, à coup de volonté, avec nos bonnes idées.
Notre vie spirituelle, notre vie avec le Christ nourrie et renouvelée sans cesse dans la prière personnelle,
la fréquentation de la Parole et la célébration des sacrements, tout cela vécu avec assiduité, profondeur
et intensité….

Notre vie spirituelle est une bonne et exigeante école de disponibilité, d’ouverture, d’attentIon intérieure
et finalement d’abandon au Seigneur, qui fait dans nos vies toutes choses nouvelles.
Ainsi donc pour aller au Christ, il s’agit de laisser encore et à nouveau derrière nous :
– toutes nos fausses sécurités auxquelles nous nous accrochons : nos habitudes, nos conformismes,
nos jugements, nos idées très bonnes,
– nos peurs, nos résignations, nos déceptions de toutes sortes qui nous replient et nous enferment.
Dans la vie de prière, nous sommes présents intérieurement au Seigneur qui est là dans le secret,
recevant tout du Christ, attendant parfois que le Seigneur se révèle, portés par la foi.
Et ce que nous expérimentons dans ces moments d’intériorité, c’est bien le fait que le Christ n’est pas
notre chose; nous ne le possédons pas.
Cela est vrai du Christ, de son mystère. Cela est vrai aussi de son Corps qu’est l’Eglise.
Au jour de notre baptême, le Christ nous a introduits dans ce mystère de l’Eglise, et nous savons bien
que – comme membre de ce Corps – ce que nous apportons chacun à l’Eglise n’est qu’une infime
restitution, tout entière prise du Trésor qu’elle nous a communiqué (pour reprendre une phrase du père
Y. Congar)
L’Eglise n’est pas notre chose , tout simplement parce que, ce que nous vivons en Eglise est comme le
déploiement de ce que nous vivons intérieurement avec le Christ, de ce que nous recevons de Lui.
Et ce que nous vivons intérieurement va aussi changer notre regard sur le monde d’aujourd’hui. Quels
que soient les bouleversements, les conflits, les idéologies en cours, ce monde est ce champ où
poussent et le bon grain et l’ivraie. Ce monde est ce champ, où surtout le Seigneur nous attend, où il est
déjà à l’oeuvre et où il nous envoie, non pour proclamer quelques valeurs humaines, plus ou moins
partagées par tous, mais pour annoncer et nommer le Christ.
Ce monde d’aujourd’hui :
– marqué par une forte sécularisation : ainsi, une bonne partie des différentes générations n’a pas
reçu l’annonce de l’Evangile, et beaucoup d’enfants et de jeunes ignorent tout du Christ.
– et en même temps marqué par une recherche spirituelle diffuse, comme en témoignent les
nombreux rayonnages consacrés à la méditation, au bien être intérieur, à l’au-delà dans les grandes
librairies, aussi à La Rochelle.
Pour reprendre une expression chère au pape François, c’est pour l’Eglise, pour chaque chrétien, le
temps de la sortie : nous ne pouvons plus attendre tous ceux qui viennent de moins en moins vers nous.
C’est le temps d’inventer des lieux, des occasions, des moyens pour entrer en contact. Personne,
absolument personne, n’est trop éloigné du Christ.
C’est le temps d’entrer en conversation, en dialogue en étant attentif à ce que nos contemporains vivent
: leurs joies et leurs espoirs, leurs angoisses et leurs tristesses (pour reprendre les termes d’une des
premières phrases de la Constitution du Concile Vatican II sur l’Eglise dans le monde de ce temps).
C’est le temps d’annoncer et de nommer Celui qui nous fait vivre : le Christ mort et ressuscité pour nous.
Qui pourrait le faire à notre place ?

Pour être féconde, vivante, audacieuse dans cette annonce, la pastorale de nos communautés
chrétiennes prend sa source dans ce que chacun vit et ce que chacun reçoit du Seigneur, dans la vie
spirituelle. Il n’y a pas d’autres chemins de vie et de croissance pour l’Eglise.
Alors, chacun et ensemble, nous cherchons la volonté du Seigneur, dans notre vie et dans la vie de
l’Eglise.
Ensemble, oui ensemble, car l’Eglise n’est pas en face, au-dessus, en vis à vis.
Baptisés-confirmés, nous sommes de cette Eglise, chacun selon sa vocation, son ministère, sa mission
reçus avec ses dons, ses talents les plus divers, dans le même Esprit Saint qui est notre force, notre
inspirateur, le Maître de l’impossible.
Alors des choix sont posés, des priorités apparaissent, des initiatives sont prises.
Aujourd’hui c’est pour nous le temps de ce discernement !
Le père J. Rideau, à la journée de rentrée diocésaine à l’abbaye de Sablonceaux (en septembre
dernier), nous rappelait que ce discernement spirituel et ecclésial est un processus exigeant. Il relève de
la vertu de prudence, qui consiste, selon le catéchisme de l’Eglise catholique « à discerner en toute
circonstance notre bien véritable et à choisir les justes moyens de l’accomplir » (n° 1806).
Ce bien véritable est à chercher concrètement, en accueillant cette question : quels sont les appels
missionnaires qui nous sont adressés par le Seigneur, aujourd’hui et ici, pour l’Eglise qui vit dans ce
doyenné et que nous voulons servir.
Voilà notre discernement de ce jour !
Quant aux justes moyens à choisir et à mettre en oeuvre pour y répondre, chaque paroisse, aumônerie,
feront cette recherche, dans les mois qui viennent dans le cadre de ces orientations missionnaires.
Ce discernement se vit dans l’Esprit Saint :
– il s’agit de bien discerner ce que le Seigneur nous dit dans l’Esprit, les appels qu’il nous
adresse,
– et pour cela le Seigneur se sert de médiations : la parole échangée, l’intelligence du coeur, la
réflexion, le sens évangélique et ecclésial des uns et des autres.
L’Esprit parle dans l’écoute et l’accueil, la prise au sérieux de la parole échangée et partagée entre les
participants.
C’est ce que nous avons vécu ensemble en équipes fraternelles durant ces six mois. C’est ce que nous
allons vivre dans un instant en partageant nos réflexions personnelles faites à la maison, sur ces
orientations missionnaires.
Pour conclure, je voudrais reprendre les propos de notre évêque dans sa lettre aux acteurs pastoraux
(12/8/2019); Il nous rappelle l’état d’esprit et l’objectif de cette démarche synodale missionnaire et donc
de cette journée.
« Pour cette démarche synodale, l’unique méthode selon le pape François, est celle de s’ouvrir à l’Esprit,
avec courage apostolique, humilité évangélique et avec oraison constante ». « Disponibles ensemble à
l’Esprit Saint, source de tous les renouvellements et de toutes les audaces, nous nous aiderons
mutuellement à avancer sur ce chemin de la mission.

Fruit de ces réflexions et échanges entre catholiques de chaque doyenné, l’objectif de cette démarche
n’est pas de publier un nouveau texte ou de nouvelles orientations générales, mais celui de choisir et de
mettre en oeuvre des initiatives missionnaires, au plus près de la réalité locale »
Qu’il en soit ainsi pour cette assemblée de ce jour.

Père Bertrand Monnard
Doyen

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