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Christ Sauveur

3 et 4 décembre 2022 – Églises du Sacré-Cœur et Sainte-Jeanne-d’Arc de La Rochelle

3 et 4 décembre 2022 – Églises du Sacré-Cœur et Sainte-Jeanne-d’Arc de La Rochelle

Chers frères et sœurs,
Certains aiment préparer leur crèche dès l’entrée en Avent. Et effectivement, ça peut
être une bonne manière de nous mettre en route vers Noël, d’entrer dans l’attente de
Celui qui vient.
Mais comme souvent avec les bonnes choses, elles cachent également un risque…
Ce risque-là est spirituel. Il est de se croire déjà arrivé à Bethléem. Le risque, c’est
d’oublier que l’Avent est un chemin qui nous mène à Bethléem, et pas un temps où
on poireaute devant la crèche à manger les chocolats du calendrier de l’Avent.
C’est comme si Madame disait : « chéri, je suis enceinte ! » et que Monsieur
répondait : « Monte dans la voiture, on file à la maternité ! »
Du calme ! Le temps de la salle d’accouchement n’est pas encore venu. Il y a tout
une histoire à vivre avant. Et au deuxième dimanche de l’Avent, l’histoire a tout juste
commencé.
Vous voyez bien les lectures d’aujourd’hui : elles nous invitent à rembobiner
l’histoire bien avant, des siècles avant Bethléem. Ces lectures nous mènent au désert,
au temps des prophètes, sept siècles plus tôt.
« Tout ce qui a été écrit à l’avance dans les livres saints l’a été pour nous instruire »
écrit saint Paul. Les prophètes nous ont instruits, ils ont annoncé la venue du Sauveur
et le sens qu’elle aurait. Des siècles avant, Isaïe annonçait : « un rameau sortira de la
souche de Jessé, père de David » et « le nourrisson s’amusera (…) sur le trou de la
vipère », autrement dit, il sera celui qui gommera les divisions semées par le serpent
des origines.
Isaïe n’est pas le seul à l’avoir annoncé.
Le prophète Michée aussi : « Et toi, Bethléem (…), c’est de toi que sortira pour moi
celui qui doit gouverner Israël » (Mi 5,2). Et le prophète Zacharie, 600 ans avant :
« Pousse des cris de joie (…) ! Voici ton roi qui vient à toi : il est juste et victorieux,
pauvre et monté sur (…) un ânon » (Za 9,9). Mais aussi Malachie : « le messager de
l’Alliance que vous désirez, le voici qui vient » (Ma 3,1).

Et dans l’Évangile d’aujourd’hui, le dernier de tous ces prophètes, Jean le baptiste,
annonce que ça y est, il arrive, « convertissez-vous (il) est tout proche », et « je ne
suis pas digne de lui retirer ses sandales ».
Petite parenthèse sur ce célèbre « je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales ».
On porte des sandales, normal, on est dans le désert. Les gens viennent recevoir le
baptême de Jean-Baptiste dans le Jourdain. Alors comme nous à la plage, avant
d’entrer dans l’eau, ils enlèvent leurs sandales. Mais contrairement à nous, ce sont
souvent des esclaves qui s’occupent de retirer les sandales. Jean-Baptiste leur dit : je
ne suis même pas digne de lui enlever ses sandales. Je suis peut-être votre maître,
mais de lui, je ne suis même pas digne d’être l’esclave.
Imaginez la grandeur de celui qui arrive… sa divinité ne fait aucun doute. Et parce
qu’il est Dieu, « Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu ».

Frères et sœurs, en ce deuxième dimanche de l’Avent, nous n’en sommes qu’au
désert, au début de l’histoire. Si nous voulons connaître pleinement la joie de Noël,
nous devons vivre pleinement ce temps de désert.
C’est quoi vivre ce temps au désert ?
Le désert, c’est ce lieu dans lequel l’horizontal n’apporte aucune échappatoire. Dans
le désert, où que se pose mon regard, le paysage est le même. La seule ouverture est
verticale.
Vivre le désert, c’est accepter d’avancer en levant mon regard vers Dieu, qui devient
mon unique repère. Vivre le désert, c’est accepter ce face à face avec Dieu. Lui, le
Sauveur, vient, et il vient pour moi.
Le Sauveur vient pour moi… il vient pour me sauver. Ok, mais de quoi ? S’il est le
Sauveur et qu’il vient, de quoi vient-il me sauver ?
Voilà la question à laquelle ce temps au désert nous confronte.

De quoi ai-je besoin d’être sauvé ? Pourquoi le Fils, qui est auprès du Père, viendrait-
il me rejoindre dans mon humanité ? Pourquoi ? Et pourquoi le ferait-il pour moi,

quand nous savons, lui comme moi, le prix qu’il devra payer ?
Accepter de ne pas être tout de suite à Bethléem et de vivre ce désert, c’est prendre
ce temps pour m’interroger : de quoi ai-je besoin d’être sauvé, moi, aujourd’hui, en
décembre 2022 ? Pour quoi Jésus viendrait-il me sauver ?

Dans ma vie, quelles sont encore les entraves, les remparts qui me séparent d’avec
Dieu ? Quelles sont, dans mon humanité, les carcans qui m’entravent, qui
m’empêchent d’être pleinement moi-même, d’être pleinement libre ? Qu’est-ce qui
m’empêche d’être encore celui que j’aimerais être et que Dieu aimerait que je sois ?
Il me faut absolument être capable de répondre à ces questions. Sinon, comment
pourrais-je accueillir Jésus comme le Messie la nuit de Noël ? Comment l’accueillir
comme le Sauveur s’il n’est pas vraiment mon Sauveur ?
Si dans 3 semaines, Jésus ne vient pas vraiment me sauver, tout cela n’aura été qu’un
joli conte de Noël, mais cela n’aura pas été Noël. Et moi, pardon, mais je ne veux
pas que ma vie soit un conte ! Sinon elle serait un mensonge. Je veux que ma foi soit
réelle, qu’elle transforme la réalité de ma vie.
Et je ne compte pas laisser les magasins ou l’imagerie populaire me voler mon Noël.
Cette année encore, je veux vivre un vrai Noël. Et pour ça, j’ai besoin d’accueillir
Jésus comme étant vraiment mon Sauveur.
Alors je n’ai pas le choix. Cette année je vais prendre le temps de répondre à cette
question : de quoi Jésus vient-il me sauver ?
Amen

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