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Christ Sauveur

Homélie du 32ème dimanche ordinaire année A par le père Monnard

Jésus se trouvait dans le temple, en face de la salle du trésor et remarqua une veuve qui déposait dans le
tronc, tout ce qu’elle avait pour vivre : deux piécettes.
Cette femme ne portait pas de robes solennelles, elle n’avait pas droit aux salutations sur les places
publiques, ni aux premiers rangs dans les synagogues. Non, elle était une personne toute simple qui passe
inaperçue, qui ne retient pas l’attention au premier coup d’œil. Et pourtant ou plutôt à cause de cela, le regard,
l’attention de Jésus se porte sur cette veuve, sur son attitude et Jésus va jusqu’à la présenter en modèle à ses
disciples.
Alors, pour nous, il y a là un nouvel appel à la vigilance, à l’attention spirituelle. C’est une belle
dimension de notre vocation chrétienne et aussi une belle conversion à vivre et à revivre !
Car, en effet, devenir chrétien c’est changer notre regard, convertir notre appréhension de la vie, de la
réalité. Nous ne pouvons plus en rester seulement à un regard qui fait du monde un objet d’étude et qui en reste
au fonctionnement de l’univers, de l’homme ou de l’atome, ou encore à un regard superficiel et extérieur sur les
personnes et les évènements.
– Notre monde est créé par le Seigneur, voulu par Lui avec sagesse et par amour. Ce monde est porté et voulu
par une liberté et un amour créateur = celui du Père.
Il n’est pas simplement enfermé dans des déterminations cosmiques et physiques.
Et si ce qui porte le monde n’est pas une force anonyme, mais bien ce Créateur au visage de Père, révélé par le
Christ, par qui tout a été créé, avec sagesse et par amour,
Alors, dit le pape Benoît :
« Le minimum est en fait un maximum.
L’être le plus petit, capable d’aimer, devient le plus grand.
Le particulier est plus que l’universel.
La personne, une réalité, singulière dans le temps, absolument unique. »
C’est ainsi que le Seigneur regarde le monde qu’il aime, non pas en général mais il aime chaque créature
et tout particulièrement l’Homme qu’il crée à son image et à sa ressemblance. Il aime chaque être d’une
manière absolument unique et personnelle : « Tu comptes pour moi, tu as du prix à mes yeux et je t’aime »
(Isaïe 43, 4).
C’est bien ce regard que pose le Christ sur cette femme, unique et singulière, comme l’est d’ailleurs son
geste de don.
Oui, nous sommes appelés à la suite du Christ, à vivre non seulement à cette attention à l’autre, mais
aussi cette attention spirituelle : poser un regard de foi sur la réalité du monde et de notre existence, prêt à
découvrir, dans la simplicité du quotidien, dans la discrétion d’une vie, les merveilles que réalise le Seigneur.
Car, en effet, face au monde d’aujourd’hui tel qu’il est, notre conviction profonde de croyant est que l’Esprit
Saint est à l’œuvre.
Le Seigneur est présent et agit au cœur de la vie d’hommes et de femmes et alors quelque chose des
Béatitudes (entendues à la messe de la Toussaint) est vécu et le Christ rayonne dans des existences, faites de
fidélité, de persévérance et de discrétion.
Pour vivre ce discernement, cette attente spirituelle :
– gardons-nous d’en rester à nos réactions humaines et spontanées

– gardons-nous de regarder telle situation, uniquement en fonction des idéologies vers lesquelles nous
penchons

– gardons de la distance avec ce regard fabriqué des grands médias sur le monde ; laissons donc cette
télé éteinte, certains jours, cette télé qui, à force de marcher, nous gave d’informations et risque de
nous maintenir dans une sorte de sinistrose.

Et surtout, venons apprendre, jour après jour, cette attention spirituelle, dans la prière personnelle, la
fréquentation de la Parole, les sacrements. C’est là que nous apprenons à discerner dans la réalité concrète de
notre existence cet Essentiel invisible, cette présence du Seigneur, cette rencontre du Christ vivant comme ce
matin dans ce pain rompu en son nom.
Ce Christ qui admire cette veuve : « elle a tout donné, tout ce qu’elle avait pour vivre ».
Ce Christ qui à son tour dit et vit cette parole : « Ma vie, nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne », Corps
livré pour chacun de nous.
Amen.

Père Bertrand Monnard

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