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Christ Sauveur

22 et 23 janvier 2022, Sacré-Cœur et Sainte Jeanne d’Arc

22 et 23 janvier 2022, Sacré-Cœur et Sainte Jeanne d’Arc de La Rochelle

Chers frères et sœurs,
Cela fait 3 ans que le Pape François a instauré ce dimanche de la Parole de Dieu, au
moment même où nous prions pour l’unité des chrétiens. Ce n’est absolument pas un
problème de calendrier : « ah ben zut chef, on a deux trucs qui tombent en même
temps, on fait quoi ? »
Non, le Pape explique que célébrer la Parole nous indique « le chemin à suivre pour
parvenir à une unité authentique et solide » (Aperuit Illis 3).
Le Pape a donc instauré ce dimanche de la Parole de Dieu. Vous noterez bien, il n’a
pas instauré un dimanche de l’Écriture, ou de la Bible, mais de la Parole de Dieu.
Souvent, on réduit la Parole de Dieu à l’Écriture. Mais c’est bien plus vaste !
La Parole, c’est Dieu qui se révèle à nous, qui se dit dans l’histoire humaine, qui se
laisse connaître. Donc, la Parole c’est, dans son sens le plus plénier, Jésus lui-même,
qui est le Verbe de Dieu, cette Parole qui a pris chair et qui s’est dite dans notre
histoire, comme saint Luc le dit au début de son Évangile.
La Parole c’est aussi l’Écriture, qui est cette même Parole consignée par écrit sous

l’inspiration de l’Esprit Saint. Et la Parole, c’est aussi la Tradition de l’Église, c’est-
à-dire la vie de l’Église. La Tradition, c’est aussi la Parole de Dieu, en tant qu’elle

est vécue et transmise.
Donc la Parole c’est une réalité, celle de Dieu qui se révèle à nous, une réalité qui se
traduit de différentes manières. D’ailleurs, notre liturgie l’exprime !
À la fin des lectures, on dit « Parole du Seigneur ». À la fin de l’Évangile, on dit
« Acclamons la Parole de Dieu ».
Dire « Parole du Seigneur », c’est reconnaître que ce qu’on vient de lire, c’est Dieu
qui se révèle à nous.
Mais après l’Évangile, quand on dit : « acclamons la Parole de Dieu », on acclame
celui qui est la Parole de Dieu, on acclame le Christ lui-même ! Le Christ dont la vie
nous est transmise par les Évangiles.

Ceci étant dit (pardon pour cette introduction beaucoup trop longue…), nous voilà à
devoir célébrer la Parole de Dieu. Ok, c’est bien beau, et après ? Qu’est-ce qu’on en
fait ?
Certains vont dire : moi je suis bon, je suis abonné à Magnificat et je lis l’Évangile
tous les matins. Très bien. D’autres dirons : non mais moi, c’est pas trop ma
sensibilité, je préfère prier avec des chants ou bien prier le chapelet, la Parole de Dieu
ça ne me parle pas.
Sauf que :
1/ encore une fois, il ne faut pas réduire la Parole à l’Écriture,
2/ et ce serait ne pas comprendre la place centrale, fondamentale, de la Parole de
Dieu dans notre vie, dans notre monde. Et ce rôle vital de la Parole, le livre de
Néhémie que nous avons lu en 1e

lecture l’illustre bien.

Nous sommes à Jérusalem, vers 450 avant Jésus-Christ. Donc la déportation des
hébreux à Babylone est terminée et tout le monde est rentré à la maison. Enfin, tout
le monde… non, pas tout le monde. Parce que certains se sont dit qu’ils n’étaient pas
si mal à Babylone, la grande ville : c’est le cas des plus jeunes qui y ont grandi ou
des marchands qui y ont développé leur bisness. Donc le retour sur la Terre des
ancêtres ce n’est pas le grand retour dont certains rêvaient. Et puis pour ceux qui
rentrent, ils doivent apprendre à composer avec tous les païens qui se sont installés à
Jérusalem pendant que les Hébreux étaient en déportation.
Donc vous imaginez l’ambiance : on rêvait de ce retour, mais la réalité n’est pas du
tout ce dont on avait rêvé. On rentre mais on ne retrouve pas ce qu’on a quitté. Et il
y a plein de problèmes : la reconstruction du Temple ne convient pas à tout le monde,
il y a un vrai relâchement religieux, de plus en plus de jeunes juifs épousent des
païens, et puis on ne peut quand même pas faire totalement ce qu’on veut, parce
qu’on est sous domination Perse.
Alors Esdras le prêtre et Néhémie le gouverneur laïc, vont prendre les choses en
main. Il faut trouver une solution pour redonner le moral à tout le monde et surtout
retrouver l’unité.
Et ils se demandent : qu’est-ce qui, dans notre histoire, a fait l’unité du peuple ?
La réponse est simple : la terre et la ville saintes, ils y sont à nouveau ; le Temple, ils
viennent de le reconstruire ; reste une dernière chose : la Parole. La Parole de Dieu
présente au milieu de son peuple. Voilà ce qu’il faut faire pour retrouver l’unité :
célébrer la Parole.

Alors ils organisent cette grande fête décrite dans la première lecture. C’est la fête
des Tentes, la fête juive de Souccot. Et là ils font un truc immense, en plein air, avec
une grande tribune en bois d’où la Parole va être lue en Hébreu puis traduite en
araméen (plus personne ne parle hébreu…) et un commentaire qui invite à la fête :
mangez, buvez, le temps n’est plus aux larmes.
Et à l’écoute de cette Parole, le peuple va comprendre. Il va trouver le sens de ce
qu’il a vécu et des difficultés qu’il traverse. Par cette Parole, Dieu va leur rappeler le
sens de leur existence, une existence qui s’inscrit dans une histoire sainte. Dieu va
leur rappeler que le sens profond et la joie de ce qu’ils vivent n’est pas dans ce qu’ils
voient, dans ce contexte passager à Jérusalem, mais dans la Parole de Dieu qui, un
jour s’accomplira. Et nous, nous savons qu’elle s’est accomplie, 500 ans plus tard,
dans cette synagogue de Nazareth.
Et bien voilà précisément, frères et sœurs, ce qu’est la Parole de Dieu pour nous. Elle
est notre réalité la plus sûre, la plus vraie, la plus durable. Elle est ce qui fait l’unité
de notre vie, sa solidité. Et elle est ce qui lui donne un sens. Cette Parole, nous la
trouvons dans l’Écriture, dans la Tradition, dans notre cœur même où notre Créateur
a déposé son image.
Seule la Parole de Dieu est le fondement de toute réalité. Le réel, ce n’est pas d’abord
notre contexte passager, sanitaire ou autre, ce n’est pas d’abord ce qui passe et qui
un jour disparaîtra. Le réel, c’est d’abord ce qui ne passera pas. Et la seule chose qui
ne passera pas, c’est la Parole de Dieu. C’est elle qui a créé toutes choses. Dieu a
créé par sa Parole. C’est elle qui maintient la Création. Le fondement de toute réalité,
c’est la Parole, celle proclamée par Esdras, celle incarnée en Jésus, celle proclamée
dans cette église. Si nous voulons être réalistes, alors ne fondons pas notre vie sur les
circonstances qui la traverse, mais sur la Parole de Dieu, la seule chose qui demeure.
Frères et sœurs, comme les juifs de Jérusalem à l’époque de Néhémie, recentrons
notre vie sur la Parole de Dieu. Accrochons-nous à elle. Elle est la réalité la plus sûre
pour nos vies.
Amen.

Par le père Louis Chasseriau

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