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Christ Sauveur

DEUXIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE (c) par le père IKA

DEUXIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE (c) par le père IKA
Ce jour-là à Cana, l’intervention de Jésus fut tellement discrète que même les invités,
réchauffés par le vin qui coulait à profusion, ne se doutèrent pas d’avoir assisté à un
événement totalement exceptionnel. Seuls Marie, les serviteurs et les disciples furent
les témoins privilégiés du premier miracle accompli par le Christ. On devine aisément
la joie embarrassée des époux lorsque le maitre des cérémonies vint leur reprocher,
bien gentiment d’ailleurs, d’avoir caché jusque-là le bon vin.
Le récit du miracle de Cana offre plusieurs pistes de méditation que l’on pourrait
explorer avec fruit. J’en retiens deux pour nourrir notre méditation en ce deuxième
dimanche du temps ordinaire.
Première piste de méditation : l’étude des personnages qui interviennent dans le récit.
Marie : Sa présence aux noces de Cana est à la fois discrète et active. Elle prend en
charge les problèmes du jeune couple en les sauvant de la honte. Par son intervention,
elle anticipe l’heure de Jésus et enseigne aux disciples l’obéissance dans la foi.
Quand tout parait désespéré, Marie nous enseigne que le secret de la victoire consiste
à faire ce que le Seigneur nous demande.
Jésus : C’est autour de lui que se déroule toute la scène. On est même surpris de
constater qu’au cours de cette célébration, les mariés eux-mêmes restent dans
l’ombre. Le véritable personnage mis en relief, c’est le Christ qui, par ce miracle,
inaugure sa mission. L’heure qu’il vient ainsi d’anticiper en transformant l’eau en
vin, c’est l’heure du salut, ou mieux l’heure des noces de Dieu avec l’humanité.
Les apôtres : ils furent les témoins directs et, en quelque sorte, les instruments de ce
miracle. Ce qui est admirable dans leur comportement, c’est surtout leur obéissance
totale aux ordres donnés par Marie et Jésus, sans oser demander d’explications.
Remarquons, au passage, que l’eau n’était changée en vin avant le début de la
distribution. Bel exemple de l’obéissance dans la foi.

Deuxième piste de méditation : les noces de Cana, un paradigme de ce qui se passe
dans les noces humaines. Ce qui advint ce jour-là à Cana est exactement ce qui se
produit dans chaque mariage entre un homme et une femme.
Il commence toujours par une sorte d’euphorie et de joie que symbolise le vin. Mais
cet amour -comme le vin de Cana- dure peu ou peut venir à manquer. Avec le temps,
le sentiment se refroidit laissant tomber sur le couple l’épais nuage de l’ennui et de la
tristesse. Puisqu’il est fugace et éphémère, l’enthousiasme des débuts tend à se
consumer inexorablement, cédant la place à la désillusion. Au fil des jours, les époux
n’ont plus rien d’autre à offrir aux invités (que sont leurs enfants) que leur lassitude et
peut-être aussi la déception de chercher hors du foyer un peu d’affection pour
réchauffer leur cœur.
La solution à cette crise consiste à inviter Jésus aux noces. S’il est là, on peut recourir
à lui lorsque se refroidit l’attraction initiale et que s’installe la routine. Il est capable
de changer l’eau de la déception en vin nouveau en offrant aux époux un amour plus
mûr, bâti sur la compréhension réciproque, sur la connaissance mutuelle et sur le
pardon.
Mais que signifie : inviter Jésus à ses noces ? C’est reconnaitre dès le temps des
fiançailles, dès le temps du coup de foudre, que le mariage n’est pas une affaire
privée entre un homme et une femme mais un appel de Dieu, une mission que l’on
reçoit de lui et que l’on accomplit avec la force que Dieu lui-même et lui seul peut
insuffler.
Inviter Jésus à ses noces signifie reconnaitre le mariage comme un sacrement, c’est à
dire un signe efficace de l’amour de Dieu. Tout comme le prêtre rend présent le
Christ à travers l’Eucharistie, ainsi les époux peuvent manifester la présence du
Christ à travers le signe de leur amour.
Inviter Jésus à ses noces signifie reconnaitre que le mariage est un charisme, c’est-à-
dire une manifestation particulière de l’Esprit pour l’édification de l’Eglise (1 Co 7,
7). Il ne s’agit donc pas seulement d’un acte d’état civil mais d’un don reçu de Dieu

et partager ensemble. Inviter Jésus à ses noces c’est reconnaitre que le mariage est
une école d’amour ou l’on apprend à s’aimer en vérité, en passant d’un amour égoïste
à un amour oblatif. C’est apprendre à consacrer du temps au Seigneur pour demander
sa lumière et sa force. C’est lui confier ensemble ses projets en implorant de sa
miséricorde la grâce de les accomplir.
Si nous invitons ainsi Le Christ aux noces de nos vies, le vin de l’espérance ne
manquera jamais.

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