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Christ Sauveur

Homélie du 1er Novembre, jour de Toussaint

Homélie du Père Bertrand Monnard
Fête de la Toussaint
1er novembre 2020

En cette fête de la Toussaint, nous accueillons à nouveau l’Évangile des Béatitudes.
Pour bien comprendre ces phrases marquées par des paradoxes, voire des contradictions apparentes, il
faut à nouveau regarder, contempler celui qui prononce ces paroles.
Jésus est lui-même l’homme des Béatitudes. Il les a vécues le premier.
Jésus est le pauvre de cœur, le doux, l’affamé de justice, le miséricordieux, le pur de cœur l’artisan de
paix, le persécuté pour la justice.
Nous pourrions mettre en parallèle de chaque béatitude une page d’Evangile, une parole, un acte de
Jésus.
Le Christ a prononcé ces Béatitudes pour nous révéler ce qu’est son expérience humaine de Fils unique
de Dieu, expérience dans laquelle il trouve le vrai bonheur. Il les a vécues dans son amour pour son
père et pour les hommes; jusqu’au bout.
Ainsi peut-on dire que ces Béatitudes sont un langage de la Croix, au sens où elles manifestent
l’extrême de l’amour offert dans ses différents aspects.
Ces Béatitudes sont donc en quelque sorte l’autoportrait du Christ. Elles trouveront encore une
illustration limpide dans la vie des saints que nous fêtons en ce jour, chacun mettant l’une ou l’autre
davantage en lumière sur son chemin de foi et de vie.
Ce qui est sûr, c’est que Jésus a prononcé ces paroles pour nous, ses disciples. Nous sommes
dépositaires de la bénédiction du Christ et de la joie du Père.
comment entendre ces Béatitudes et oser les prendre pour nous ?
– Heureux ceux qui ont un cœur de pauvres, ceux qui fondent toute la logique de leur vie, non sur
la force de l’homme et sa richesse, comme tout ce qu’il peut posséder, mais sur la force de Dieu.
Ceux qui, dans la dépossession de leurs moyens, acceptent de s’appuyer en tout sur le
Seigneur, car « le royaume des cieux est à eux ».
Oui, vraiment comment pourrions-nous être disciple du Christ si, par grâce, nous n’acceptions
pas de nous déposséder de la logique, de la richesse ou de la puissance de l’homme, pour nous
remettre entre les mains du Seigneur?
– heureux les doux, ceux dont l’espérance est non dans la force des hommes, mais dans la
douceur du Messie qui vient, car « à eux est la terre promise ».
– heureux les affligés, car ils sont comme la veuve Israël, la fille de Sion, qui attend que se
manifeste son époux, le Seigneur. Ils seront consolés et cette consolation est l’Esprit Saint donné
à l’église, pour qu’elle vive dans la joie: celle de la sainteté.
– heureux les affamés et assoiffés de la justice: de cette sainteté que Dieu donne, celle d’être
ajusté à la volonté du Seigneur. Car nous sommes rassasiés de cette sainteté, comme d’un don
surabondant.
– heureux les miséricordieux: ils aiment comme Dieu les aime le premier. Ils aiment, car le
Seigneur leur donne d’aimer avec compassion, tendresse et fidélité.
– heureux les cœurs purs, à qui le Seigneur donne ce cœur nouveau où la loi d’amour est inscrite.
Ils verront Celui que l’homme ne peut voir.
– heureux ceux qui font la paix, ils seront appelés Fils de Dieu, comme le Messie, puisqu’il font
une œuvre divine.
– enfin heureux les persécutés pour la justice, ceux qui sont insultés à cause du Seigneur.
Dans les circonstances qui sont les nôtres en France, comment ne pas nous arrêter sur cette dernière

béatitude, qui nous est aussi adressée ?
Qui sont ces persécutés ?
Ceux qui subissent un mal, de manière injustifiée, sans fondement.
Ceux qui le subissent « à cause de moi » dit Jésus:
À cause de leur foi,
de leur témoignage,
de leur manière de vivre,
de leurs paroles en fidélité à l’Évangile.
Là encore, regardons le Christ lui-même persécuté à travers quelques phrases d’Evangile:
Jésus est venu chez les siens il n’a pas été accueilli (jean 1,11),
Les membres de sa famille ont pensé qu’il avait perdu la tête (Marc 3,21),
Les scribes, descendus de Jérusalem disaient: il est possédé par Béelzeboul (Marc 3,22),
Arrivé au Calvaire, il crucifièrent Jésus (Luc 23,33).

Comme le constatait Saint-François d’Assise « l’amour n’est pas aimé »

Jésus est condamné, car il se révèle l’égal de Dieu.
Par sa vie donnée et toute sa Personne, il annonce la présence et l’amour de Dieu, qui le rend si proche
de nous, pour manifester sa miséricorde infinie.
Personne n’est trop loin du Seigneur.
Et Jésus de prévenir lui-même ses disciples avant sa Passion: « Le serviteur n’est pas plus grand que
son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront vous aussi » (Jean 15,20)
En France un homme, deux femmes ont été assassinés dans une église : ils venaient prier ou servir
l’Eglise. Ils ont été tués car ils étaient chrétiens.
Des décisions politiques sont à prendre à présent pour arrêter cette répétition d’attentats sanglants et
barbares. Et nous, chrétiens, nous avons sûrement notre part à prendre, par des engagements sociaux
et politiques, au service du bien commun et en particulier de la protection des plus faibles et de la
sécurité des plus vulnérables.
Mais confrontés à ce drame, mais aussi à notre peur, notre révolte, à notre colère, nous sommes
appelés à nouveau,
– à nous unir au Christ,
– à enraciner notre foi, notre vie en lui,
– à nous mettre à son écoute.
« Malheur pour vous lorsque tous les hommes diront du bien de vous. C’est ainsi que vos pères traitaient
les faux prophètes »
Face à l’épreuve, que nous chrétiens pouvons rencontrer: celle de l’indifférence, de la critique, voire de
la violence.
Dans ces moments où la peur peut nous gagner de manière bien compréhensible, le christ nous dit:
« quand on vous livrera ne vous inquiétez pas de savoir ce que vous direz et comment vous le direz: ce
que vous avez à dire vous sera donné: l’Esprit de votre Père parlera en vous » (Mathieu 10,19)
Au cœur de l’épreuve nous sommes appelés à tenir, grâce au Christ notre Sauveur notre seul appui et
notre paix.
C’est le témoignage de foi et d’amour à rendre au Christ, dans la fidélité et la persévérance, en toutes

circonstances.
Et si au cœur de cette épreuve, votre foi faiblit, elle s’exprime encore, sous forme alors d’un appel à
l’aide, comme Pierre, qui doute et commence à couler dans le lac de Tibériade:

« Seigneur sauve-moi »

Selon sa promesse, le Christ est avec nous, tous les jours, jusqu’à la fin des temps (Mt 28,30). C’est le
Christ de Pâques qui a vécu sa passion, sa mort sur la croix et sa résurrection comme chemin de Salut,
de vie et même de béatitude pour nous.
En ce temps d’épreuve, que les saints fêtés en ce jour soient, par leur exemple et leur prière, notre soutien ; qu’ils nous donnent le courage de l’espérance.
Amen.

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