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Christ Sauveur

Homélie du 32ème dimanche du Temps Ordinaire – Année C

« Que le Seigneur réconforte vos cœurs et les affermisse en tout ce que vous pouvez faire et
dire de bien. Que le Seigneur conduise vos cœurs dans l’Amour de Dieu et l’endurance du
Christ ».
Voilà ce Seigneur que l’apôtre Paul prie (dans la deuxième lecture).
Voilà ce Seigneur tel qu’il agit envers nous.
Et nous sommes appelés à le laisser agir en nous et dans notre vie, par les moyens qu’il choisit.
Sinon, si nous voulons mener notre vie chrétienne par nous-mêmes, qu’est-ce qu’il risque de
nous arriver ?
La fermeté (la fermeté dans la foi) va devenir tiédeur avec souvent de bonnes raisons, que nous
nous donnons à nous-mêmes, pour éviter d’avancer dans notre suite du Christ. « Ah la prière
personnelle, décidément je n’ai pas le temps et je ne sais pas faire ! … Une retraite spirituelle
annuelle, vous n’y pensez pas, mes week-ends sont très pris ! »
La charité va vite connaître des limites, par l’individualisme ambiant qui nous gagne « et puis
tout de même, mon emploi du temps ne me le permet pas ».
Quant à notre vie d’Eglise, le grand risque est d’être installés dans nos habitudes ou encore de
posséder nos engagements comme notre chose à nous ; et quand nous sommes déçus ou
blessés par l’attitude ou la parole d’un ou des membres de l’Eglise c’est de nous replier, de
nous éloigner (cela est facile) voire de parler alors de l’Eglise comme d’un vis-à-vis, alors que
nous en sommes membres.
Tout cela au lieu de prendre le chemin de la vérité et de la réconciliation.
Bref, par nous-même, nous ne risquons pas d’aller bien profond dans notre vie de foi, mais d’en
rester à des choses très humaines, trop humaines !
Le réconfort dans la charité, l’affermissement dans la foi, l’endurance dans l’espérance évoqués
dans la prière de Paul, tout cela ne vient pas de nous, mais bien du Seigneur qui « veut
conduire nos cœurs dans l’Amour » (cf. saint Paul)
Et le Seigneur nous procure ce réconfort, cet affermissement, cette endurance, tout
particulièrement à travers deux moments, deux moyens :
– La prière personnelle et communautaire (avec les sacrements)
– La vie fraternelle
Tout d’abord la prière, celle que nous vivons personnellement comme la prière communautaire
à la messe ; car dans cette expérience, nous ne pouvons pas être le centre (sinon elle n’est pas
vécue en vérité).
Dans le temps de la prière, régulièrement, à la maison : nous ne voyons rien, nous ne sentons
rien, nous ne saisissons rien par nous-mêmes.
Nous sommes simplement là, dans la foi, tout accueil, disponibles intérieurement. Dans le
mystère de sa présence, faite de discrétion et de silence, comme le « murmure d’une brise
légère » (1 Rois 19,12) comme l’évoque le prophète Elie, le Seigneur se révèle lui-même ou
bien nous éclaire sur notre vie, nous lance un appel, au moment qu’il choisit.

A la messe aussi nous ne pouvons pas non plus être le centre : nous ne prenons pas la parole
à la place de Jésus dans son Evangile proclamé, nous ne nous donnons pas la communion à
nous-même.
Là encore, nous apprenons messe après messe, à nous recevoir du Christ Seigneur.
Voilà bien la source le réconfort dans la charité, de l’affermissement dans la foi, de l’endurance
dans l’espérance. Car nous expérimentons en ce lieu de la prière personnelle comme de
l’eucharistie, que le centre de notre vie n’est pas en nous-mêmes.
Nous découvrons que notre unité intérieure se trouve dans le Christ. « Celui qui demeure en
moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruits, car en dehors de moi vous ne
pouvez rien faire » (Jn 15,5) « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi. Ce
que je vis aujourd’hui dans la chair, je le vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré
pour moi » (Gal 2,20).
Nous découvrons aussi que notre unité singulière réside encore dans le Christ, qui nous révèle
l’Amour unique du Père pour chacun d’entre nous : « Ne crains pas, car je t’ai racheté, je t’ai
appelé par ton nom, tu es à moi. Car tu comptes beaucoup à mes yeux, tu as du prix et je
t’aime (Isaïe 43, 2 et 4)
Enfin, dans la prière et à la messe, si nous les vivons de manière authentique, le Seigneur nous
façonne aussi un cœur fraternel. En vérité, nous exposer intérieurement au Seigneur qui n’est
qu’Amour offert, inspire une vie fraternelle et d’abord avec les autres baptisés.
Voilà la deuxième dimension par laquelle le Seigneur nous offre un réconfort, nous affermit dans
la foi et nous encourage à la persévérance, à travers ses frères et sœurs qu’il nous désigne
comme tels.
Vie fraternelle où nous recevons, mais aussi qu’il s’agit de renforcer par nos choix, nos
attitudes.
Ecoutons Benoit XVI sur la communion :
« La communion a toujours et inséparablement une connotation verticale et horizontale :
communion vers Dieu et communion avec nos frères et sœurs. Les deux dimensions se
rencontrent mystérieusement dans le don eucharistique. « Là où se détruit la communion avec
Dieu, qui est communion avec le Père, avec le Fils et avec le Saint-Esprit, se détruit aussi la
racine et la source de la communion entre nous. Et là où n’est pas vécue la communion entre
nous, là non plus la communion avec le Dieu trinitaire n’est ni vivante ni vraie » (Exhortation
apostolique post-synodale Sacramentum caritatis – n°76)
Cette fraternité n’est donc pas d’abord d’affinités, de sentiment, d’opinions, mais une solidarité
sacramentelle. Saint Paul parle ainsi d’incorporation au Christ dans les communautés
paroissiales, tant de fidèles sont parfois juxtaposés les uns aux autres. Ils ne se connaissent
pas entre eux.
C’est aussi le cas dans cette cathédrale : on ne connaît pas les noms de personnes qui
viennnent chaque dimanche à la messe, à nos côtés . C’est la raison pour laquelle, à chaque
messe de novembre, nous vous parlons des fraternités de maison, que nous allons constituer
au mois de décembre.
Il s’agit de vous proposer de vous réunir fraternellement en équipes de 6-7 personnes. Sept
paroissiens ont accepté de les accueillir chez eux une fois par mois, pour un temps
d’enseignement par vidéo, un temps de prière, et un temps convivial.

En décembre, faites bon accueil aux paroissiens qui vous solliciteront.
Rappelons-nous, à la lumière des propos de saint Paul : la prière, l’eucharistie, la vie fraternelle
sont des lieux où le Seigneur nous réconforte, nous affermit dans la foi en ces temps difficiles
pour notre société et aussi pour notre Eglise.
C’est ce que nous voulons vivre ici, chez nous, dans cette cathédrale, par l’eucharistie du
dimanche, mais aussi par l’adoration eucharistique du jeudi et du samedi, par l’apéro et la
table ouverte du premier dimanche du mois, et donc à partir de décembre, par ces fraternités de
maison.
Ne restons pas à l’écart de ces propositions.
Encore une fois ce sont des lieux où le Seigneur nous affermit dans la foi et nous enracine en
son Amour. Pour cela, confions-nous mutuellement au Seigneur.
Amen
Père Bertrand Monnard 6 novembre

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