Réseaux sociaux :

05 17 26 74 43

Christ Sauveur

26 décembre 2021, Sainte Jeanne d’Arc de Fétilly

HOMÉLIE
26 décembre 2021, Sainte Jeanne d’Arc de Fétilly, La Rochelle.

Chers frères et sœurs,
Nous célébrons aujourd’hui la fête de la Sainte Famille, fête du dimanche qui suit
Noël.
Il faut que nous fassions bien attention à ce que nous célébrons. La fête de la Sainte
Famille, ce n’est pas la fête de la famille. La fête des mères en mai, la fête des pères
en juin, puis la fête de la famille en décembre.
Il s’agit certes d’une occasion de prier pour nos familles, mais en contemplant la
sainteté de la famille du Christ. Et puisque nous célébrons la Sainte Famille le
dimanche suivant Noël, il nous est donné de contempler cette famille comme
accueillant le Verbe de Dieu en son sein.
Nous célébrons la sainteté de cette famille de Nazareth qui devient donc un exemple
pour nous-mêmes, pour nos familles. Autrement dit, pour bien comprendre ce que
nous célébrons aujourd’hui, il nous faut comprendre en quoi réside la sainteté de
cette famille. Sinon, nous risquerions de réduire l’enseignement de la Sainte Famille
à un stéréotype.
Qu’est-ce que cette famille a donc de saint ?
Si on regarde l’Évangile du jour, le jeune ado Jésus reste au Temple sans se soucier
de prévenir ses parents ; eux quittent Jérusalem sans se soucier de savoir si leur fils
est bien du voyage ; quand ils le retrouvent ils ne comprennent pas leur enfant ; sans
parler de Joseph qui voulait répudier Marie, de Jésus qui balance publiquement à
Marie « mais qui est ma mère, qui sont mes frères ? » etc.
La Sainte Famille n’est pas l’image d’Épinal de la famille ! Elle est la famille qui est
sainte parce qu’elle a su accueillir le Verbe de Dieu en son sein.
Voilà ce à quoi toutes nos familles sont appelées : accueillir Dieu, laisser la vie
familiale être bousculée par Dieu qui y surgit, par l’arrivée d’un enfant, par une
vocation particulière qui s’y exprime, par le quotidien d’une vie aimante dans la joie
comme dans les épreuves…

Si on regarde la Sainte Famille, la sainteté qui s’y exprime n’est pas un modèle
sociologique.
En revanche, nous pouvons comprendre cette sainteté si nous regardons chacun des
membres de la famille. Tous les trois ont en commun d’avoir mis l’amour du Père
avant leurs relations affectives réciproques. Les relations affectives réciproques sont
la conséquence, le signe de l’amour du Père pour chacun d’eux qui est premier.
L’amour de Dieu étant premier, leurs relations respectives sont des relations à
l’image de Dieu : libres, qui grandissent par l’altérité, fondées sur la vérité…. Marie
n’appartient pas à Joseph, Jésus n’appartient pas à Marie, l’histoire de Joseph n’est
pas celle de Marie, l’histoire de Jésus n’est pas celle de Joseph. Aucun d’eux ne
cherche à faire de l’autre un calque de lui-même. Aucun d’eux ne cherche à mettre
la main sur l’histoire sainte de l’autre.
Cette famille est sainte parce que l’amour de Dieu le Père en est le cœur.
C’est sans doute saint Jean, dans sa première lettre que nous avons entendue, qui
nous dit le mieux cela. « Voyez quel grand amour nous a donné le Père ». Dans la
Sainte Famille, chacun voit en l’autre quel grand amour lui est donné par le Père.
Tout est dans le regard. La Bible ne parle que de cela : savoir regarder, ouvrir les
yeux pour voir le Père. Voir l’invisible dans le visible. Depuis la Genèse, quand les
yeux d’Adam et Ève s’ouvrent, pour voir qu’ils sont nus, pour voir qu’ils ne sont pas
devenus des Dieux mais pour voir leur pauvreté fondamentale. Jean nous dit : voyez,
sachez voir, apprenez à regarder. « Voyez comme il est grand l’amour dont notre
Père nous a comblé, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le
sommes. »
La Sainte Famille est une famille qui voit comme il est grand l’amour dont notre Père
nous a comblé. C’est une famille dans laquelle chacun de ses membres se sait
premièrement enfant de Dieu et voit dans l’autre une expression de cet amour du
Père. C’est une famille dans laquelle chacun demeure en Dieu et Dieu en lui. De sorte

que Jésus peut dire à ses parents sans cynisme ni ingratitude, aucune : « Ne saviez-
vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? »

Frères et sœurs, nos familles, nos communautés chrétiennes, seront saintes dans la
mesure avec laquelle chacun de ses membres ouvrira les yeux à la grandeur de

l’amour de Dieu qui lui est donné et saura reconnaître en l’autre une expression de
cet amour.
Si nous prions pour nos familles, prions donc d’abord pour y être, nous-même, des
reflets de l’amour du Père.
Amen

Père Louis Chasseriau

Comments are closed.